
William Shakespeare, Titus Andronicus et le film de Julie Taymor, Titus : agrégation anglais
Considérée pendant au moins deux siècles comme une pièce mineure, une ébauche des grandes oeuvres à venir, la première tragédie de Shakespeare (c. 1593) fait l'objet depuis plusieurs décennies d'un regain d'intérêt critique remarquable, en partie suscité par la mise en scène très novatrice de Peter Brook en 1955 à Stratford-upon-Avon.
Portée par Lucius qui est tout autant figure de retour à l'ordre qu'initiateur de la catastrophe, la stabilité prétendument « restaurée » de la fin de la pièce se fait au prix d'un massacre effroyable, dont un critique a calculé qu'il induisait une atrocité commise tous les quatre-vingt-dix-sept vers, qui met en pièces toutes les valeurs éthiques, linguistiques et politiques qu'on associe à la Rome antique : la crise de l'héroïsme, l'absence de pitié et de justice et la faillite du langage parlé comme écrit sont autant d'éléments qui président à une telle mise en pièces.
S'appuyant sur une lecture croisée du texte shakespearien et de la version cinématographique proposée par Julie Taymor (1999), le présent ouvrage propose une série d'analyses rhétoriques, dramatiques et filmiques serrées menées par des spécialistes. Elles permettent de mieux appréhender la complexité de cette oeuvre proprement fascinante, c'est-à-dire qui attire autant qu'elle révulse, illustration éclatante et avant l'heure de ce qu'Antonin Artaud appellera le « théâtre de la cruauté ».
(sous réserve de confirmation)
Largeur : 17.0 cm
Epaisseur : 1.5 cm